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vendredi, 21 juin 2013

Championnats d'Europe par équipe à Gateshead: Estelle Perrossier, des dix bornes aux Bleus

IMG_0909.JPGLa jeune athlète lyonnaise (23 ans) intègre ce week-end le collectif relais 4x400m de l’équipe de France, moins de quatre ans après avoir lâché la course sur route pour le tour de piste.

«C’est la concrétisation de trois ans de travail », dit-elle avant de se reprendre : « De trois ans de travail acharné. »

Estelle Perrossier embarque ce matin dans l’avion de l’équipe de France à destination de Gateshead (Grande-Bretagne) pour le Championnat d’Europe par équipes. Il faudrait beaucoup de casse parmi les titulaires pour que la 5e performeuse française de la saison apparaisse sur les écrans de télé dimanche à l’heure du relais 4x400m (18h24) : « Je ne courrai sans doute pas, est-elle prévenue. Mais le plus important, c’est de prendre contact, de démythifier. » C’est qu’elle part de si loin que sa simple présence en tribune tient déjà du miracle.

Il y a quatre ans, la jeune Lyonnaise (19 ans) n’avait en effet jamais mis les pieds sur une piste d’athlétisme. Petite, elle avait bien fait des étincelles dans les cross scolaires, mais personne n’eut la puce à l’oreille.

« J’ai fait 14 ans de gym, raconte-t-elle. J’étais nulle sauf aux sauts grâce à ma course d’élan. C’est quand j’ai arrêté que ma mère m’a dit d’aller courir. Elle se souvenait que je battais tout le monde à l’école. » Direction donc l’Athlé Calade Val de Saône où la méprise va se poursuivre. Il y a de quoi… Avec un son gabarit, difficile de l’imaginer ailleurs que dans le fond ou le demi-fond. « J’étais encore plus chétive qu’aujourd’hui (1,63 m ; 52 kg). Du coup, je faisais des trucs horribles comme le 10 km. Ça ne se passait pas bien avec mon entraîneur. En fait j’avais décidé d’arrêter l’athlé. »

Sa rencontre avec l'entraineur de l’Entente Sud Lyonnais Franck Matamba lors d’un stage à Fréjus va la faire changer d’avis. « Il m’a vu bouder dans mon coin… Il m’a dit qu’il m’avait vu courir, que ça lui semblait pas mal, et m’a proposé d’essayer le sprint. Tout a débuté, par hasard. » « À l’époque, j’avais des filles assez fortes, raconte le coach. J’avais peur que ça la plombe. » Au contraire, elle va vite découvrir que sa petite charpente abrite en fait un gros moteur : « Elle a un bon pied, selon le coach, et un très bon rapport poids puissance. Surtout, elle ne rechigne pas ! »

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Estelle avec son entraineur Franck Matamba et Darlène Mazeau

 « Je ne fais jamais les choses à moitié, confirme l’étudiante en Staps. J’ai vu au bout de trois/quatre séances que je passais devant. Je me suis dit qu’il y avait un coup à jouer. » L’ascension sera finalement assez rapide, même s’il a fallu passer par un palier de décompression la saison dernière : « J’ai eu peur, dit-elle. Aux championnats de France, j’étais terrorisée face à des filles que je voyais à la télé. Cet hiver, je me suis dit : sois tu le fais à fond, soit tu ne le feras jamais. » Résultat : une médaille de bronze surprise aux championnats de France en salle en février en guise de déclic avant de faire sa place dans le Top 5 Français (52’’91 aux championnats régionaux). « Il y a encore un fossé avec les autres filles, mais elle peut prétendre aller aux Mondiaux », selon le manager des relais Djamel Boudebibah. Elle veut y croire : « Je sais que j’ai du retard mais je me dis aussi que j’aurais pu passer complètement à côté de l’athlé. Tout est bien qui finit bien même si j’espère que ce n’est que le début de l’aventure… »

 

Benjamin Steen

perrossier,matamba

 

 

15:50 Écrit par La Com dans Athlétisme, C'est dans Le Progrès | Commentaires (0) | Tags : perrossier, matamba |  Facebook |  Imprimer | |

 
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