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vendredi, 08 avril 2011

Du cross, de la route et de la piste pour Eva Federspiel

207696_201080266589158_100000615582273_594299_1010107_n.jpgA 19 ans, Eva Federspiel n’est pas une inconnue dans le milieu du running. Licenciée au GA Haut-Saônois, cette étudiante à l’INSA Lyon a terminé seconde du France de cross à Paray-le-Monial et le week-end dernier, elle a remporté sur 10 km à Vittel, son second titre chez les juniors. Titulaire d’un record de 36’32’’ sur la distance, elle a facilement décroché la victoire en 37’57’’. Désormais, elle va se consacrer à la piste et plus particulièrement au 3000 mètres, avec l’espoir d’aller « Titiller » les minima pour les Europe juniors. Enfin, l’année prochaine elle devrait courir un semi-marathon.

Championnat de France des 10 km 2011. Du cross, de la route et de la piste pour Eva Federspiel

. Les France de cross ayant eu lieu le 27 février, as-tu eu le temps de bien préparer ceux du 10 km ?

- En fait, je n’ai pas pu les préparer comme c’était prévu. Après Paray-le-Monial, je me suis senti fatigué, patraque et ce n’est que 10 jours avant les France, que j’ai retrouvé un peu de sensations et que j’ai décidé de courir. Mais, par rapport à ce que  mon entraîneur François Châtelet avait programmé presque tout a été supprimé. Malgré tout, j’ai pu courir quelques séances sur route. Notamment des 1000 mètres à une allure située entre 3’35’’ et 3’40’’ au km et des 2000 entre 7’10’’ et 7’15’’. Sur ces bases, j’ai pensé que ça devrait passer.


. Comment s’explique cette fatigue ?

- Jamais je n’avais vécu cela. Je n’étais pas bien. J’avais l’impression d’être lourde. Je n’avançais plus et je n’avais plus envie de courir. Donc, j’ai procédé à des analyses de sang, qui ont révélées que j’étais carencée en fer et que les indices au niveau de certains enzymes intervenant dans le processus énergétique n’étaient pas très hauts. Suite à un traitement, la situation s’est améliorée, mais je n’ai pas encore retrouvé ma forme optimale.


. Peut-être étais-tu déjà fatiguée avant les France de cross ?

- Oui. La semaine de l’épreuve, je n’étais pas au top. Et lors de l’échauffement, lorsque François m’a demandée de courir 5’ à une allure rapide, il m’a dit après le cross, que je n’étais pas comme d’habitude et que j’avais le visage vraiment rouge. Bon, une fois dans l’action, on se transcende et compétitrice dans l’âme, j’ai fonctionné à l’adrénaline. Malgré tout, j’avais l’impression que j’aurais pu faire mieux. Après, on se dit que c’est l’éternelle problématique de la forme le jour J.


. Plus que la défaite, le plus décevant n’a-t-il pas été de ne pas être sélectionné aux mondiaux ?

- Ce que j’ai surtout trouvé navrant, c’est qu’il n’y a eu qu’une junior de sélectionnée, alors que les garçons ont été 3 a décroché leur billet. Je n’étais pas loin de la première. Aux Europe, j’étais la meilleure française et j’avais remporté le cross de sélection. Tout le monde a été effaré du choix de la DTN, comme s’il n’y avait pas eu une vue d’ensemble de tout ce qui s’était passé au cours de la saison. Bon, vu la condition physique dans laquelle je me suis trouvé par la suite, mon résultat au mondial aurait été lamentable et finalement, je suis contente de ne pas y être allée.


. N’as-tu pas estimé que le France du 10 était inscrit tôt au calendrier cette saison ?

- En effet, mais je tenais à le courir et indépendamment des mondiaux de cross, je l’avais programmé. Déjà, Vittel ce n’est pas très loin de chez moi et en plus j’avais l’opportunité de conserver le titre. Je ne sais si ce sera le cas l’année prochaine, quand je vais passer espoir.


. Ton objectif se limitait donc à la victoire ?

- Oui. Je n’ai pas cherché à réaliser un chrono, car je n’avais pas suivi une préparation suffisante en raison de ce problème de fatigue et en plus le parcours ne s’y prêtait pas. Le circuit impliquait de nombreuses relances et comportait une succession de petites montées. Je n’avais jamais couru un 10 km aussi dur. D’ailleurs, à l’arrivée les seniors et les vétérans partageaient cette opinion.


. Comment as-tu géré cet effort ?

- Comme j’étais dans le sas élite, je suis partie un peu vite. On se dit qu’il faut décoller vite, pour ne pas être gênée par la masse. En plus, en descente on se lâche. J’ai accompli le 1er km en 3’07’’, au lieu de 3’35’’. Evidemment, ça se paye et au cours des 9 km restants, j’ai eu mal aux mollets et aux jambes. Par contre d’un point de vue respiratoire, ça a été. Sauf problème, je savais que je parviendrais à tenir le rythme jusqu’à la fin et c’est ce qui s’est passé. Des séniors, des vétéranes et des espoirs m’ont rattrapée, mais globalement puisque j’ai également repris des concurrentes, j’ai pratiquement toujours évolué à la même place. Je finis 36e au scratch.


.Chez les juniors femmes les cross ne dépassent pas 5 km, de quelle manière t’adaptes-tu aussi facilement au 10 km ?- Je cours facilement des footings d’une heure à 14,5 km/h. Les efforts longs me conviennent. Et ces footings suffisent à entretenir la caisse. Aussi, l’entraînement pour le cross et le 10 km ne sont pas si différents. Sur 10 km, on travaille même la vitesse sur des bases plus faibles. Après, c’est dans la tête. Je m’accroche et je me dis qu’une fois que ce sera terminé, je serai satisfaite.


. Que va impliquer cette victoire ?

- Cette année aura lieu un match France-Italie sur 10 km et en tant que championne de France, je serai sélectionnée pour cette compétition.


. A quoi va se résumer la suite de la saison ?

- Je vais préparer le 3000 mètres sur piste. Je vais essayer d’aller titiller les minima pour les Europe juniors, fixés à 9’50’’. Il faut que je progresse en rythme. Je vais également courir les France FNSU, mais sur 1500 mètres. Ce qui est court pour moi et vraiment dur, parce qu’il s’agit d’une distance, où il faut aller vite, mais tout en se retenant un peu. Mais ça va me forcer à être plus rapide et ça va s’intégrer dans la préparation du 3000 mètres.


. Et le 5000 mètres ?

- J’attends d’être espoir. Egalement, l’an prochain je courrai mon premier semi-marathon.


. Que t’inspire la performance des vainqueurs du semi-marathon de Berlin, qui ont 18 ans ?

- C’est beau. Quand j’ai couru les Europe de cross, j’ai réalisé que l’on n’était pas grand-chose au plan international. Je me souviens de Purdue, cette Anglaise si aérienne et qui ne semblait même pas essoufflée. J’ai pensé qu’il y avait du boulot. Après, tous ces jeunes ne font pas forcément des études de haut niveau. Je ne peux pas m’entraîner deux fois par jour. Je dois d’abord m’assurer un bon avenir professionnel. Et souvent, ceux qui brillent chez les juniors ne durent pas longtemps. Soit, ils se crament. Soit, ils se dégoûtent de la pratique du sport. Ce qui m’importe, c’est de conserver ma motivation pour durer en senior.


. Ce week-end va se dérouler le Marathon de Paris, à l’avenir envisages-tu cette distance ?

-  Pour l’instant, 42 km je trouve cela trop long. On verra, peut-être à 30 ans.

 

20:08 Écrit par La Com dans Athlétisme, Matumaïni | Commentaires (1) | Tags : federspiel |  Facebook |  Imprimer | |

 
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