compteur

Avertir le modérateur

samedi, 30 juin 2018

Tony Bertrand est mort à 105 ans

Tony Bertrand, ancien adjoint aux Sports de la Ville de Lyon de 1959 à 1977 et entraîneur de l’équipe de France d’athlétisme aux Jeux olympiques de Londres en 1948, est décédé vendredi à l'âge de 105 ans.

2012_0903Image0007.JPG

Il avait encore reçu la rédaction du "Progrès" en août 2016. Il allait alors avoir 104 ans. Il nous avait reçu chez lui, à Lyon, armé de cahiers remplis de photos et de coupures de presse. Sur son bureau, une BD récente sur son ami Tola Vologe, athlète juif tué par les Allemands à Lyon, en 1944. Derrière lui, la sculpture d’un lanceur de disque. Il manque juste une photo d’Olympie en Grèce pour parfaire le décor d’un homme dont le destin s’est écrit au rythme des Jeux.

C'était en 2016 les Jeux olympiques de Rio de Janeiro. Tony Bertrand, ancien adjoint aux Sports de la Ville de Lyon de 1959 à 1977, avait été l'entraîneur de l’équipe de France d’athlétisme aux Jeux olympiques de Londres en 1948. Il avait raconté ses souvenirs de Londres, après la guerre qui avait ravagé l'Europe.

 

Tony Bertrand avait commencé sa carrière sportive en 1921, à l'âge de 9 ans, au patronage de l'église Saint-Louis de la Guillotière, l’Edelweiss, où il pratiquait les échasses, le basket-ball, le chant choral et le théâtre. Ouvrier lithographe il avait poursuivi sa carrière sportive au Lyon olympique universitaire (LOU) où il pratiquait le basket-ball l’hiver et l’athlétisme l’été, selon les informations qui figurent dans sa notice Wikipédia. Athlète polyvalent il est vainqueur — en 1937 à Paris, en 1938 à Blois et en 1939 à Grenoble — du championnat olympique de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France.

Il avait épousé Élise Mousset, basketteuse des Lucioles le 21 octobre 1939. Le couple avait eu trois enfants : Liliane en 1940, Jocelyne en 1945 et Yves en 1954. Membre du réseau Sport libre pendant l’Occupation, il avait participé à l’entraînement de l’équipe de France d’athlétisme regroupée à Lyon par son aîné Tola Vologe avec lequel il avait organisé un meeting national au stade des Iris le 23 mai 1944.

Nommé inspecteur de la jeunesse et des sports, sa rencontre avec Louis Pradel au début des années 1950 avait conditionné la suite de sa carrière. Élu au conseil municipal de Lyon il y est délégué aux sports et y crée l’Office municipal des sports (OMS) qu'il préside de 1959 à 19772. Élu conseiller général du 12ème canton du Rhône en 1959, il est vice-président du Conseil général du Rhône de 1967 à 1979.

Il avait inauguré le palais des sports de Gerland le 5 octobre 1962 et insufflé plus tard d'autres innovations dont la piste de ski artificielle de La Sarra en 1964, les patinoires Charlemagne et Baraban en 1969, les piscines de Vaise et du Rhône. L'ancienne piscine du Rhône porte aujourd'hui son nom.

Nommé président d’honneur du comité des sports en 1966, il avait aussi coordonné la préparation et le dossier de candidature de Lyon pour les Jeux Olympiques de 1968 qu'il avait présenté avec Louis Pradel le 26 juillet 1963 à la 60e session du Comité international olympique (CIO) de Baden-Baden.

RÉACTIONS

Thierry Braillard, ancien secrétaire d’Etat aux Sports et adjoint aux Sports à la Ville de Lyon : «Je suis triste. Il aura marqué l’histoire de la ville de Lyon et du sport français. Jusqu’au bout de sa vie, il est resté passionné par le sport lyonnais, en particulier par le LOU qui était son club. Je me souviens qu’il m’avait donné plein de documents sur la candidature de Lyon pour les JO de 1968 pour qu’on en fasse un musée avec l’Office municipal des Sports. Quand il évoquait cette histoire, il avait toujours les yeux qui brillaient. Il estimait que le dossier aurait dû gagner, mais qu’il avait trop honnête alors que des valises circulaient d’argent déjà au CIO. Son héritage est toujours visible comme la piscine du Rhône. Il avait su enclencher une dynamique sportive avec une ambition qui semble déraisonnable aujourd’hui. Il fallait avoir un grain de folie mais il rendu cette folie crédible». 

Georges Képénékian, maire de Lyon : «Tony Bertrand a consacré toute sa vie au sport d’abord comme sportif dans de nombreuses disciplines, puis comme dirigeant au niveau national avant de devenir Adjoint au Maire de Lyon, sous le mandat de Louis Pradel. Il fut vice-président du Conseil général de 1967 à 1979. Il est à l’origine de la candidature de Lyon aux Jeux olympiques de 1968 et va dans ce cadre développer les équipements sportifs de notre ville. Il inaugure le Palais des sports de Gerland en octobre 1962 et va multiplier les innovations dont les plus emblématiques sont la piste de ski de la Sarra, les patinoires de Charlemagne et Baraban et les piscines de Vaise et du Rhône. Il a créé et structuré l’Office municipal des sports. Grande figure du sport lyonnais, la Ville lui avait rendu hommage récemment en dénommant le centre nautique du Rhône Centre nautique Tony Bertrand. Nous perdons aujourd’hui un des grands artisans du développement du sport dans notre ville».

leprog.jpg

Commentaires

Tous les sportifs qui l'ont connu sont tristes aujourd'hui. Pratiquant moi-même le patinage artistique, je me souviens qu'on lui doit la
patinoire Charlemagne, après la fermeture en 1963 de la patinoire
privée de l'avenue Jean Jaurès. A cette patinoire, entre 1952 et 1955
je j'ai vu pratiquant le patinage sur glace. C'était vraiment un
homme de terrain avec une connaissance approfondie de presque
tous les sports.

Écrit par : delore michel | dimanche, 01 juillet 2018

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu