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samedi, 06 mai 2017

Dans les pas de Mélina Robert-Michon

La vice-championne olympique du disque lance ce dimanche sa saison estivale, regard tendu vers l’or aux Mondiaux de Londres (4-13 août). Un défi ultime qu’elle prépare à raison de trois séances d’entraînement quotidiennes.

Mélina Robert-Michon sur l’aire de lancer de Parilly où la vice-championne olympique s’entraîne matin et soir sous la férule de son coach Serge Debié.  Photo Joël PHILIPPON

9 h 00 au Parc de Parilly

« 1 kg ou 1,2 kg ? », demande Mélina Robert-Michon à son coach Serge Debié. La séance se fera avec ses disques d’un kilo, le poids des engins de compétition. Vendredi, à deux jours de sa rentrée estivale aux Interclubs, la vice-championne olympique consacre son ultime entraînement technique de la semaine aux gammes.

Au programme : neuf séries de trois lancers. Et autant main gauche pour les renvoyer vers la cage : « Un truc que j’avais observé chez les Polonais lors d’un stage en Afrique du Sud, explique Debié. On s’est aperçu que progresser à gauche permettait de gommer des défauts à droite. » Les 27 jets s’enchaînent en moins d’une heure. Inutile d’en rajouter selon Debié : « Avec la fatigue, elle irait chercher des gestes anciens qu’on essaye de corriger… »

A bientôt 38 ans, MRM en est réduite à traquer les détails à la marge d’une technique vantée par tous les coaches du circuit. Depuis le début de sa préparation hivernale, l’attention est portée sur son pied gauche dont elle doit retarder la pose au sol d’une fraction de seconde. Invisible à l’œil nu mais indispensable pour grignoter les centimètres qui séparent l’argent (Mondiaux 2013, Euro 2014 et JO 2016) de l’or accaparé par Sandra Perkovic.

« Il n’y a pas de secret ni de révolution : il faut travailler, résume-t-elle. Je dois améliorer ma base pour aller chercher ma performance de pointe le jour J. Vu ce que j’ai fait aux JO (66,73 m, record de France) dans des conditions particulières (série le soir et finale le lendemain matin), je sais que j’ai plus de 68 m dans les pattes. Si je le sors, je sais que l’or est possible. »

10 h 30, salle de Jérôme Simian

Mélina Robert-Michon en séance de musculation sous les yeux de Kevin Mayer (au premier plan) et de son préparateur Jérôme Simian.  Photo Benjamin STEEN

Sitôt ses disques remballés, Mélina Robert-Michon prend le volant pour la salle de son préparateur physique, Jérôme Simian, installée à quatre kilomètres, dans le 8e arrondissement. Là-bas, elle retrouve Kévin Mayer, de passage à Lyon pour trois jours. La veille, la lanceuse a joué au prof de disque pour le vice-champion olympique du décathlon. Ici, les outils de torture prennent la poussière. Simian muscle et rééquilibre les corps des athlètes à poids constant ou presque, ce qui n’empêche pas les cris de douleur pendant… 2 h 30 : « Quand t’as des grosses ambitions, il faut aller loin dans la douleur, hein Mélina ! », philosophe Mayer. « Lancer, c’est du plaisir, ajoute-t-elle. Ici, c’est pas pareil… Mais ce ne serait pas marrant si tout était facile. »

Médaille olympique en poche, elle aurait pu dire « assez ! ». Au contraire, la voilà repartie pour « deux saisons bonus » : « Je me suis demandée si j’avais toujours envie, si j’allais continuer à m’éclater, avoue-t-elle. J’ai répondu à cette question avant les JO. Je suis une éternelle insatisfaite. Du coup, je ne m’ennuie jamais. »

17 h 00, Parc de Parilly

Après un passage éclair sur le chantier de sa nouvelle maison, un repas riche en protéines (mais sans gluten) et une courte sieste, retour sur l’aire de lancers pour un entraînement, cette fois en compagnie du groupe de lanceurs de Serge Debié au complet. Troisième séance du jour. La routine : « Avant 2010, c’était le soir uniquement, se souvient-elle. Puis, on a ajouté le midi. Et quand Serge a été détaché, on a pu faire la journée complète. C’est l’architecture parfaite. »

Ce soir-là, elle utilise une “gueuse”, histoire de bosser en force. Même à 48 heures des Interclubs, pas question d’alléger. La semaine prochaine sera plus light pour enchaîner les meetings de Shanghai (13 mai) et de Montgeron (14 mai) en 24 heures.

Dimanche, elle lancera sur la fatigue, d’autant qu’elle rentre de 17 jours de stage à La Réunion… « C’est la période surprise, explique-t-elle. Je ne sais pas trop où j’en suis. On vient juste de finir le “lourd”. Je ne sens pas trop le disque. Les sensations ne sont pas encore optimales, j’ai du mal à trouver le bon tempo. A priori, je suis dans les temps. Mais de toute façon, Je ne compare plus par rapport aux saisons précédentes. C’est à chaque fois différent. Et je m’aperçois que j’arrive à faire la perf au bon moment. Il n’y a pas de règle. » Si ce n’est la règle de trois séances par jour...

Benjamin Steen

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