Deuxième du 400m derrière l’Italienne Grenot, l’héroïne du relais 4x400m à l’Euro de Zurich a décroché sa première médaille internationale en individuelle.

Photo: FFA

« Ça m’a fait bizarre d’être toute seule. J’ai savouré. » Floria Gueï a eu droit à son tour d’honneur en solo, rien que pour elle, drapeau tricolore sur les épaules. Qu’importe si pour la première fois de la saison, la Lyonnaise a eu la vue bouchée depuis la sortie du virage par l’Italienne Libania Grenot qui conserve son titre sur 400m (50’’73).

Un modèle d’opiniâtreté donné en exemple

L’ex-Cubaine, qui avait tapé du poing sur la table en série (50’’43), était la plus forte dans le froid et les bourrasques de vent d’Amsterdam. Pas de regret pour Gueï (2e en 51’’21) devant les Anglaises Onura (51’’47) et Ohuruogu (51’’55). «A la fin, j’essaye de revenir, raconte-t-elle, mais Grenot a fait la plus belle course. Il m’a peut-être manqué un petit grain de folie. Je suis rentrée dans le virage un peu plus tard que d’habitude. Quelque chose a sans doute cloché mais c’est de l’ordre du détail. » Et l’heure n’est pas aux détails : « Il me fallait cette première médaille individuelle. Ça me soulage. »

C’était le principal cette semaine. Jusqu’à présent, le nom de Floria Gueï signifiait « remontée fantastique ». Son tour de magie en finale du relais 4x400m des championnats d’Europe de Zurich en 2014 (à 10m du podium au départ, première à l’arrivée) n’en finit plus de tourner (3,2 millions de vues sur youtube). Plus qu’un exploit, un modèle d’opiniâtreté utilisé récemment par le coach du Toulouse FC Pascal Dupraz dans la dernière ligne de la course au maintien en L1. En cadeau, Gueï a reçu un maillot à son nom.

Elle ne s’en lasse pas : « Je n’en aurais jamais marre !, promet-elle. C’était un moment unique et fou. C’est la seule fois de ma vie que j’ai pleuré de joie. Mais bon, j’ai envie d’avancer. » C’est qu’avant de débarquer à Amsterdam, elle n’avait jamais passé le « cut » des demies en grand championnat individuel. A 26 ans, elle maîtrise désormais ses schémas de course et ses nerfs. « J’ai passé un cap grâce à la complicité avec mon coach (Djamel Boudebibah). La confiance grandit d’année en année. Ma préparatrice mentale (Meriem Selmi) m’apporte aussi un plus non négligeable. »

Et maintenant ? Onzième mondiale à trois athlètes par nation, elle peut rêver d’une finale olympique à Rio (5-21 août). Avant de décoller pour le Brésil elle passera par Londres (22-23 juillet) sur 400m et Castres (20 juillet) sur 200m. Aucun risque de relâchement : « Cette médaille sera un tremplin, assure-t-elle. Ce soir, je suis contente, mais j’en veux plus. »

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL À AMSTERDAM BENJAMIN STEEN

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