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mercredi, 03 septembre 2014

Estelle Perrossier : « Je pars au Kenya ! »

IMG_0909 (683x1024).jpgOn a d’abord cru à une blague. Estelle Perrossier en partance pour le Kenya ? Le pays de la Corne de l’Afrique est une destination privilégiée des coureurs de fond français. Mais une spécialiste du tour de piste qui part s’entraîner sur les hauts plateaux, c’est sans doute du jamais-vu. L’explication ? L’athlète de l’Entente Sud Lyonnais a décidé, à vingt-quatre ans, de monter sur 800 m. L’élève de Franck Matamba, qui a porté son record à 52’’44 sur 400 m et a été titulaire en séries lors des championnats d’Europe de Zurich, n’a pas peur de l’effort d’environ deux minutes. Et pour cause, elle a participé, il y a quelques années, à des trails de près de soixante-dix kilomètres ! Rencontre avec une athlète au parcours atypique.

Athle.fr : Estelle, quel bilan tirez-vous de votre saison ?
Estelle Perrossier : Il est très positif. J’ai continué à progresser de manière linéaire, comme depuis 2009. Je gagne une demi-seconde par an. Je voulais descendre sous les 52’’50. Je l’ai fait. Le podium en plein air aux championnats de France Elite, c’est aussi nouveau pour moi. D’ailleurs, c’est la première fois que je participais à cette compétition l’été. En 2013, j’avais attrapé la grippe et, avant, je n’avais pas le niveau.

Vous avez porté pour la première fois le maillot de l’équipe de France en mai, lors des Relais mondiaux*…
En séries, j’étais vraiment stressée. Mais cette compétition m’a vachement débloquée. 2014, c’est l’année du déclic pour moi, avec un titre de championne de France Elite en salle et toutes ces sélections cet été.

Comment avez-vous vécu les championnats d’Europe de Zurich, où vous avez été titulaire en séries avant d’être remplaçante en finale ?
Etre alignée en séries, c’était énorme, une grosse responsabilité ! Ensuite, j’ai assisté à la finale depuis les tribunes, avec Phara (Anacharsis). C’était une grosse expérience, pleine d’émotions. Pour nous, c’était plus stressant à vivre que d’être sur la piste ! On est vraiment allées chercher la médaille d’or à six. Ça a été un beau moment de partage.

L’année prochaine, c’est sur 800 m que l’on vous retrouvera. Depuis quand avez-vous dans un coin de la tête ce passage au demi-fond ?
En fait, j’y pense depuis 2010 avec mon entraîneur, Franck Matamba. Au début, je courais n’importe comment. Il me manquait de la vitesse, de la force et de la puissance. C’est pour cela que je me suis mise sur 400 m. Depuis quatre ans, j’ai travaillé pour faire un jour du 800 m et avoir une grosse marge de vitesse pour le passage à mi-course.

Et vous voilà partie pour le Kenya !
Je pars pour plus d’un mois à Iten sur les hauts plateaux, avec un partenaire d’entraînement. Je vais y faire de la préparation foncière pour le 800 m. Je n’attends que ça, de passer sur cette distance ! J’aime souffrir à l’entraînement. C’est un nouveau challenge qui décuple ma motivation. On va se greffer à la population locale. J’en ai discuté avec Bob (Tahri). Le Kenya, c’est la terre où il faut aller s’entraîner. Il y a un contexte de difficultés mais aussi de joie. Les athlètes ont toujours la banane et sont motivés.

Ça va être une belle aventure…
Je connais déjà l’Afrique. Je me fais un devoir d’y aller une fois par an pour effectuer une mission humanitaire. Je me suis déjà rendue au Togo, au Bénin et en Côte d’Ivoire. J’ai notamment organisé de petits cross pour les enfants. Les deux associations au sein desquelles je me suis investie sont Le coin lecture et La jeunesse en mouvement pour le volontariat en Afrique.

Quelles peuvent être vos ambitions, en 2015, sur votre nouvelle distance de prédilection ?
L’objectif, l’été prochain, ce seront les deux minutes. Je pense que c’est vraiment réalisable. J’ai déjà effectué beaucoup de spécifique 800 m, pour préparer le 400 m et j’ai bossé sur ces allures. Sur le tour de piste, je pense que mon manque de vitesse et force aurait fini par me limiter. Je n’ai pas un physique de sprinteuse. Je rêve des Jeux olympiques de Rio en 2016 sur cette nouvelle distance.

Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que vous connaissez depuis longtemps les longues distances…
J’ai un passé de fondeuse volontaire, de quinze à dix-neuf ans. J’ai fait des 10 km et j’ai participé trois fois à la SaintéLyon (ndlr : un trail nocturne de 68 km !). Cette course, c’est une ambiance géniale ! Il y a beaucoup de solidarité entre les coureurs. A l’époque, je m’entraînais avec d’autres élèves de mon lycée et notre professeur d’EPS.

Comment êtes-vous devenue une pistarde ?
J’ai fait de la gym de quatre à dix-neuf ans. J’aimais bien mais j’étais nulle car j’étais trop raide. En arrivant en Staps, je me suis mise en spécialité athlé. La prof de Staps m’a inscrite sur 400 m et 800 m lors des championnats académiques universitaires, à Grenoble. J’ai couru le 800 m en 2’30. Trente minutes après, j’ai dû demander à un lanceur de me montrer comment installer les starting-blocks sur 400 m. J’ai couru en 1’05. Deux mois plus tard, j’étais chronométrée en cinquante-neuf secondes.

Propos recueillis par Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

*Estelle avait déjà été appelée en équipe de France en 2013, mais elle était remplaçante au sein du relais.

18:21 Écrit par La Com dans Athlétisme | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer | |

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