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mercredi, 09 juillet 2014

Tour du Léman en fauteuil : le défi de Manon Doyelle

10380420_1442620402653338_2015093655210497153_o.jpgL‘idée de ce défi sportif était née en 2010, peu de temps après que la maladie a fait perdre à Manon Doyelle l’usage de ses jambes. « Mais je n’acceptais pas mon état à ce moment-là, » avoue la jeune femme.

L’été 2013, elle passe quelques jours au Centre olympique de Lausanne afin de faire des recherches pour son mémoire dans le cadre d’un Master en médiation. Une table lui est réservée quelques jours. En face d’elle, une baie vitrée donnant sur le Léman. « Ce fut le déclic. Le 14 juillet 2013, en me levant, j’ai accepté mon handicap et j’ai décidé de faire le tour du lac en fauteuil roulant. C’est un cadre tellement magnifique, » explique-t’elle.

En cadeau d’anniversaire

Ce projet va se concrétiser du 11 au 15 juillet prochain. Un challenge symbolique : le départ et l’arrivée se feront au Musée olympique de Lausanne et le marathon se conclura le jour même des 25 ans de Manon. « Tout s’est accéléré, en partie grâce à ma victoire en octobre à l’appel au projet “Réalise ton rêve sportif” d’EDF, qui a amené un apport financier. ». Outre cet aspect, la compagnie lui offre également un parrain et pas des moindres : Tony Estanguet, seul athlète français à avoir gagné trois médailles d’or dans trois jeux différents. Elle a également démarché d’autres partenaires qui lui ont permis de s’acheter, entre autres, un fauteuil d’athlétisme.

Si la jeune femme a toujours été passionnée de sport, elle n’a commencé les entraînements qu’en août dernier. Elle n’a ainsi eu que dix mois pour se préparer. « J’ai fait des repérages en janvier sur les bords du lac, sinon je m’entraîne à Bron, au parc Parilly. Mais j’ai des gens sur place qui vérifient les routes pour moi, bénévolement, car ils ont eu un véritable coup de cœur pour mon projet, » indique Manon Doyelle, reconnaissante envers toutes ces personnes qui ont permis de rendre son rêve concret.

Un défi et un projet au bout de la route

Elle roulera tous les matins, entre 8 et 12 heures. « Après, tout dépend de l’état dans lequel je serai et de la météo. Je n’ai jamais fait cinq jours de marathon, donc… » précise-t-elle avec un sourire. Et personne n’ayant à ce jour réalisé ce tour du lac en fauteuil, aucun élément de comparaison n’est possible.

Un périple compliqué donc. « Surtout que je traverse deux pays, donc deux différentes législations ! » s’amuse Manon. Suivant les routes, il lui faudra ainsi être encadrée de voitures ou de cyclistes. Le terrain offrira également quelques défis, puisque Manon Doyelle ne roulera pas uniquement sur du béton et que descentes et montées ne manqueront pas de rendre son challenge plus ardu. Elle passera la nuit du 12 au 13 juillet à Thonon, seul arrêt français. « Et je n’ai reçu mon fauteuil que fin juin, directement des USA. Avant, je me suis entraînée avec celui qu’on m’a prêté, qui sera le fauteuil de remplacement si j’ai un problème avec l’autre. »

Un planning serré qui ne lui fait pas froid aux yeux, au contraire. « J’aime les défis. Et ce sport, qui mêle à la fois force et technique, me plaît énormément ! Dès septembre, je vais essayer d’intégrer une équipe pour continuer le handisport dans le cadre des championnats nationaux et internationaux. »

À côté de ce projet intitulé « Léman 2014 », Manon a créé une association « Eau tour de Manon ». Celle-ci a plusieurs objectifs. Premièrement, être à l’origine de nouveaux challenges. « J’ai envie de faire d’autres marathons, toujours autour de lacs ou sur des îles » En effet, à travers ces courses, Manon Doyelle aimerait à la fois mettre en valoir un territoire particulier tout en faisant parler du handicap.

Ce dernier aspect lui tient très à cœur. Toujours dans le cadre de son association, elle a lancé un autre projet, plus civique. « Je vais en septembre agir dans les écoles, surtout chez les tout petits. En emmenant ma fille de bientôt 4 ans à l’école, je remarque que ses camarades posent beaucoup de question, me demandent si je suis en poussette ou en vélo. Je veux sensibiliser les très jeunes, qui seront les adultes de demain, et surtout dédramatiser le handicap. » annonce Manon, regrettant que les actions soient surtout menées dans les collèges et lycées.

La jeune femme recherche en parallèle un travail, idéalement dans l’organisation d’événements culturels ou sportifs. Depuis toute jeune, elle a participé et créé des associations, et la maladie ne lui a pas du tout donné l’envie d’arrêter.

Son association n’a pas pour seul objectif de sensibiliser le très jeune public et de soutenir le handisport. Elle voudrait aussi être une oreille attentive pour les personnes se trouvant en situation de handicap physique. « J’aurais aimé avoir quelqu’un à qui parler » regrette Manon « Ce n’est pas toujours facile d’évoluer dans un monde de valides en étant handicapé. Assis sur un fauteuil, on n’a pas la même manière de voir les choses ! ».

Manon ne manque pas de projets. Et, pour cause : elle ne voudrait pas se retrouver sans rien à faire une fois Léman 2014 terminée. « Même si je compte bien m’accorder quelques semaines de vacances avec mon mari et ma fille ! ».

Maxime LOEB M. L. pour Le Dauphiné

Photo Julien Rambaud

Le site officiel et la page facebook 

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