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dimanche, 03 novembre 2013

Bob Tahri, des parcs lyonnais à Central park (Eurosport à 15h15)

2010_0710Image0293.JPGL’ancien médaillé mondial de 3 000 m steeple (34 ans) court aujourd’hui à New York son premier marathon qu’il a préparé dans la banlieue lyonnaise.

J-16 avant le marathon de New York. Pile à l’heure prévue, 16h45, Bob Tahri se gare sur le parking de la base d’aviron de Décines au bord du Rhône. À ses côtés, son kiné perso venu spécialement du Qatar le bichonner dans la dernière ligne droite. Le Messin aurait bien aimé poser ses valises dans l’hôtel « La Passerelle » juste de l’autre côté de la départementale, à un jet de pierre du Parc de Miribel-Jonage et son vaste réseau de pistes, mais c’est complet depuis le lancement des travaux du Grand Stade de l’OL… « Dommage, cela aurait été l’idéal » râle-t-il car avec deux sorties par jour, les soins et la récupération, chaque seconde compte.

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Ce n’est pas le Kenya où il avait ses habitudes dans les camps d’entraînement en altitude, mais l’ancien recordman d’Europe du 3000m steeple (8’01’18’’), médaillé de bronze aux Mondiaux 2009 à Berlin et d’argent aux championnats d’Europe 2010 à Barcelone apprécie le décor. Tant mieux car après deux semaines dans le 8e arrondissement de Lyon, il s’y est installé deux longues semaines, les plus importantes de sa préparation… « Pour mes premiers cycles, j’allais au Parc de Parilly où il y a beaucoup de coureurs et de marcheurs, c’était un peu dangereux à haute vitesse, explique-t-il. Ici, c’est un grand tour. Quand tu passes par des endroits que tu ne connais pas, tu es obligé de t’adapter. C’est bien quand tu prépares un marathon comme New York qui est loin d’être plat… »

Aussi beaux soient-ils, ce n’est pas la qualité des parcs qui ont incité Bob Tahri à s’établir ici un mois. Ce sont plutôt ses sparring-partners (le Kenyan Benjamin Kipruto et le Rwandais Dieudonné) et surtout son nouvel entraîneur lyonnais Bastien Perraux. Les deux hommes collaborent ensemble depuis le mois d’août 2012. C’est l’athlète qui a sollicité le jeune coach, de 17 mois son cadet, marié à la meilleure coureuse française de steeple (Claire Perraux-Navez).

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À l’époque le Messin avait l’idée de créer une structure d’entraînement dans la région de Strasbourg. Le projet a fait long feu. Faute de partenaire, les athlètes du groupe se sont vite disloquées. Mais pas le couple Tahri/Perraux. « À l’origine, avec Bob, je devais surtout faire l’œil de Moscou pour Jean-Michel Dirringer (son coach historique qu’il partageait avec Mehdi Baala). Finalement, je continue avec le seul athlète que je ne devais pas entraîner, raconte Perraux. De lui, je ne connaissais que l’image publique. Ce qui nous a rapprochés, c’est la passion. Avec lui, c’est un investissement total. »

C’est dans la difficulté que le jeune coach a su gagner la confiance de Tahri. Quand ils ont commencé à travailler ensemble, il n’avait plus couru depuis un an après deux opérations pour une excroissance osseuse au tibia et une fracture du sacrum. « Je pense avoir des qualités physiques au-delà de la norme et un gros mental, mais si on m’avait dit quand j’ai repris que j’allais recourir en 3’32’’ sur 1500m à la fin de l’été 2013, alors que mon record datait de X années (3’34’’65 en 2009), et que j’irai au marathon de New York pour faire quelque chose, j’aurais dit : ‘‘c’est qui ce ouf !’’, avoue Tahri. Quand on arrête un an, il faut un an et demi pour revenir. Avoir Bastien avec moi a été un gros plus. »

Un nouveau coach, un appétit renouvelé, pour une nouvelle carrière. Fini le steeple où il était de toute façon barré en France par Mahiédine Mekhissi. Il aurait dû passer sur 10 000 m cette saison sans une entorse au meeting de Eugene. Après la parenthèse 1 500 m aux Mondiaux de Moscou (demi-finale), ce coureur à large spectre entend maintenant se découvrir sur marathon. « Je ne suis pas dans l’optique de me dire que je passe sur marathon parce que j’ai 34 ans. L’idée c’est plus d’aller sur une distance où j’ai aussi les armes. Ce n’est pas un one-shot, mais cet hiver, je ferai de la salle et l’été prochain, je serai sur le tartan aux Europe à Zurich. »

Depuis deux mois, il a ajouté un tiers de volume en plus à ses séances («Au lieu de faire 30x400m et 8x1000m, je faisais 40x400m et 12x1000m »), ses semaines passant de 160 km à 210 km. Des tests au semi de Nancy (1h03’38’’) et au marathon de Metz (arrêt après 21 km) ont boosté sa confiance. Malgré la présence du champion olympique et du monde Wilson Kiprotich et de marathoniens confirmés comme Mutaï, Kebede, Lel, il vise une place dans le top 5. « J’ai choisi New York parce que c’est le plus mythique, mais aussi parce qu’il n’y a pas de lièvre et donc qu’il n’y a pas des allures de dingues. La distance ne me fait pas peur, j’ai même la conviction que ces allures m’iront bien. Mon objectif, c’est de gérer, de remonter, de prendre mon destin en main et de ramasser du monde. Vu comme j’ai bossé depuis deux mois, j’y crois. »

Benjamin Steen

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10:19 Écrit par La Com dans Actualité | Commentaires (0) | Tags : tahri, perraux |  Facebook |  Imprimer | |

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