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samedi, 31 mars 2012

Lyon Urban Trail: Les marches, un casse-pattes casse-tête

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Pittoresque et ludique, le Lyon Urban Trail réclame néanmoins un effort unique en son genre en raison des milliers d’escaliers à gravir et dévaler.

Alors, trail ou pas trail ? Depuis la création du Lyon urban trail (LUT) en 2008, le procès en usurpation d’identité s’éternise. A-t-il seulement un sens ? Car en s’aventurant hors des grandes artères à la recherche des merveilles dont recèle la ville aux deux collines (Croix-Rousse et Fourvière) classées au patrimoine mondial de l’Unesco, l’épreuve a gagné son certificat de barbarie.

Entre Caluire au nord et Sainte-Foy-lès-Lyon au sud, voici une concentration de 7 000 marches d’escaliers qui, mises bout à bout, donnent un dénivelé positif de 1 700 m ! À titre de comparaison, la SaintéLyon présente 400m de dénivelé de moins pour 30km de plus… Et même si le LUT essaime dans d’autres villes, nulle part ailleurs n’est atteinte une telle densité de difficultés, de coureurs (6 000 cette année soit un millier de plus qu’en 2012) et même d’athlètes de l’élite.

« J’avais des a priori avant de venir, avoue Christophe Malardé, deuxième l’an dernier. J’ai été agréablement surpris. C’est hyper physique. J’ai fini complètement décomposé. C’est un format unique avec des changements d’allure, des escaliers et des descentes sur bitume à haute vitesse. C’est beaucoup plus traumatisant qu’un trail en montagne… »

Même le double vainqueur sortant, Emmanuel Meyssat, s’est astreint cette année à une paire de séances in situ, histoire de reprendre pied : « C’est la première fois que je le fais, mais c’est intéressant de se tester, dit le coureur de Larajasse. Vu que c’est une épreuve unique, d’une année sur l’autre, on a l’impression de ne plus savoir faire. Il faut trouver la bonne coordination. » Tout le problème est là…

Les coureurs à pied n’ont pourtant pas attendu le LUT pour avaler des escaliers. Dans les salles de fitness, le step est l’une des activités les plus pratiquées. Tous les athlètes, des sprinters aux fondeurs, effectuent également des séances d’escaliers pour la PPG (préparation physique générale). « Cela permet de travailler la force du pied pour éviter que la cheville ne s’affaisse à la pause du pied », explique le coach lyonnais Djamel Boudebibah, responsable des relais 4x400m de l’équipe de France. « En revanche, pour aller vite sur de telles distances, cela n’a rien à voir, poursuit-il. Il faut trouver le bon compromis : si l’on reste trop raide et sur la pointe des pieds, les mollets vont charger (en toxines). Si l’on s’affaisse trop, ce sont les quadris qui ramassent. Surtout, il faut y aller à l’économie, sinon on ne récupère plus. »

Autre difficulté spécifique au LUT : les descentes. Selon Guillaume Millet, professeur de physiologie à l’université de Saint-Etienne et lui-même coureur d’ultra-trail, c’est même le principal facteur de l’usure musculaire accélérée sur cette épreuve : « Il y a peu de chances que les marches correspondent à votre foulée naturelle, dit-il. Vous êtes alors soit en hyper-fréquence et vous n’allez pas vite, soit en hyper amplitude en dévalant les marches 2 par 2 ou 3 par 3. Les chocs sont alors importants. Les traumatismes sont corrélés à l’intensité de la contraction musculaire. Cela peut rapidement donner des courbatures. Le conseil, c’est de commencer en hyper-fréquence – tant pis si on perd du temps -, et d’attaquer un peu plus à la fin….»

Et malgré la difficulté de penser à lever les yeux vers le décor.

Benjamin Steen

16:02 Écrit par La Com dans C'est dans Le Progrès | Commentaires (0) |  Facebook |  Imprimer | |

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