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vendredi, 30 avril 2010

Sandrine Bailly face aux lecteurs

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La demoiselle de Ruffieu est arrivée pile à l'heure. Élégante, sans tapage, dans son jean blanc et son haut marron, assorti à ses grands yeux finement maquillés.Sandrine Bailly est comme ça. Rigoureuse et souriante. Aimable et précise. La nouvelle retraitée du biathlon s'est prêtée avec grâce au jeu des questions-réponses avec nos lecteurs. Toute de naturel et de sincérité, elle n'a rien esquivé. Tout juste discrète sur sa vie privée. Diserte sur ses débuts sur les skis, sur les grands moments de sa carrière. Évoquant sans détour son futur professionnel.home.jpg

Comment avez-vous débuté le biathlon ?

J'habite à Ruffieu, dans une région où tous les enfants font du ski. Comme mon papa était skieur, je me suis très vite retrouvée sur des skis. J'ai une photo de mois à skis, où je dois avoir 3 ou 4 ans. Ma première course, je l'ai disputée en poussine. Dans cette catégorie, on note la technique et j'étais mauvaise. (Sourire) à ma quatrième course, je m'étais bien appliquée. J'étais sûre d'avoir bien skié et je me suis retrouvée douzième. J'étais déçue. Quand, en minimes, les courses ont été chronométrées, j'ai tout de suite été plus à mon affaire. J'ai commencé le biathlon vers 15 ans. C'est Pascal Étienne, alors entraîneur du comité de l'Ain, qui m'a fait tirer mes premières cartouches, qui m'a fait confiance. C'est parti de là comme à chaque fois que quelqu'un fait confiance à quelqu'un d'autre.

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Quel moment a été le plus fort dans votre carrière ?

C'est une question piège. Je n'arrive pas à en retenir un en particulier. Quinze ans de carrière, c'est long. En fait, c'est tous les bons résultats après une mauvaise période. Quand tu tombes, tu es content de te relever. 2009 n'a pas été une bonne saison. Mais j'avais terminé par un podium. Cette troisième place était presque comme une victoire. Il y a tout plein de bons moments. Quand même, il y a le gros globe en 2005 (NDR : sa victoire au classement général de la coupe du monde) et les médailles olympiques.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui débuterait aujourd'hui ?

Il ne faut pas tarder à se lancer en ski de fond et que les jeunes commencent de plus en plus tôt le tir. (Sourire) Pour ceux qui habitent en plaine, il faut que leurs parents déménagent et se rapprochent du CS Valromey-Retord. En été, on peut s'entraîner en ski-roues et en course à pied. Mais l'hiver, il faut aller chercher la neige. Et ça peut vite faire des kilomètres.

Que manque-t-il à votre palmarès ?

Évidemment, une médaille olympique en individuel. C'est un peu un échec. (Rire) Mais on ne peut pas tout faire. Je n'en fais pas tout un flan. Les Jeux sont très médiatisés. Tout le monde retient leurs résultats. C'est un mythe, le rendez-vous à ne pas rater, qui procure beaucoup d'émotions. J'ai été présente à d'autres moments tout aussi importants. J'ai joué le Globe en coupe du monde et j'ai eu la chance de le gagner.

Regarderez-vous la prochaine coupe du monde ?

Les autres vont se réentraîner. Je vais regarder d'un œil car il me reste des copains et des copines. Ah, la coupe du monde de football ? (Rires) Bien sûr, je vais la regarder. Quand la France joue, c'est notre équipe. Il faut la soutenir, même si tout le monde la casse aujourd'hui. D'ailleurs, les footballeurs seront en stage à Tignes et ils y feront du biathlon. J'aurais bien aimé les encadrer à cette occasion. Mais ce ne sera pas possible.

Que pensez-vous des salaires des footballeurs ?

Pour un jeune biathlète français sans palmarès, ce n'est pas facile. Mais arrivé à un certain niveau, c'est facile de trouver des sponsors. Personnellement, je n'ai pas à me plaindre. Le Conseil général de l'Ain par exemple, m'a toujours aidée durant toute ma carrière. Les salaires des footballeurs sont astronomiques, démesurés. Ils devraient être plafonnés. Je ne sais pas comment ils font pour gérer tout ça. Ils ne peuvent rien faire par eux-mêmes. Il leur faut des agents. Être star, c'est chiant.

Comment envisagez-vous votre reconversion ?

J'ai déjà le bac. J'ai aussi un DUT de commerce. Mais ce n'est pas parce qu'on sait faire du biathlon qu'on sait faire autre chose. Je vais devoir réapprendre plein de choses. Je vais faire une formation, mais je ne sais pas dans quel domaine. Je vais me débrouiller. J'avais l'opportunité de rester dans l'armée. Mais j'ai préféré arrêter après 11 ans de service. Mon contrat se finit en août prochain. J'ai plusieurs projets en attente. Eurosport veut bosser avec moi, pour faire des reportages. Et je voudrais travailler dans l'événementiel, en relation avec le biathlon. Par contre, je ne pense pas me reconvertir comme entraîneur. Je peux éventuellement intervenir dans des stages pour cadets ou juniors. Mais pas plus. Un entraîneur est parti souvent de la maison. Il faut aimer le froid. Moi, j'ai assez donné.

Quels sont vos projets ?

J'avais prévu des vacances en juin en Islande. Mais elles se sont cassé la gueule avec le volcan. Sportivement, je vais continuer le ski de fond et la course à pied. Mais je vais arrêter le vélo. Sinon, je n'ai plus de rêves, juste des ambitions toutes simples, des choses de la vie normale comme de construire une belle maison.

54 : son dernier numéro de dossard en compétition officielle

Sandrine Bailly a mis un terme à sa carrière en compétition officielle le 5 avril dernier, à l'occasion des championnats de France aux Rousses. L'occasion d'un dernier baiser à tous ses supporters, mais aussi à Pascal Étienne, son mentor, décédé quarante-huit heures plus tôt des suites d'une longue maladie.

SANDRINE BAILLY DIGEST

Née le: 25 novembre 1979 à Belley.

Domicile: entre Pontarlier (Haut-Doubs) et Ruffieu (Ain).

Palmarès.- Première victoire en coupe du monde à Anterselva en 2000. Puis 44 podiums individuels, dont 20 sur la plus haute marche.

2008: 2e du classement général de la coupe du monde et 1ère du classement général de la poursuite (petit globe).

2005: classement général de la coupe du monde.

2003: Championne du monde de poursuite (Khanty-Mansiyk, Russie).

Jeux olympiques.- 7e du sprint; 17e de la poursuite; 9e du relais (Salt Lake City 2002). Médaillée de bronze en relais (Turin 2006). Médaillée d'argent en relais (Vancouver 2010).

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